Diplômée de chirurgie orale à Bordeaux, Chloé Pasquier a reçu le second prix catégorie Recherche du Prix de thèse ADF Dentsply Sirona 2023 pour son travail sur l’élaboration d’un score diagnostic de la stomatodynie primaire. Elle espère ainsi mettre à disposition des praticiens un outil facile de diagnostic de cette pathologie méconnue.
Chloé Pasquier lors de la remise des prix au Congrès ADF 2023
Pourquoi avoir choisi ce sujet de thèse « Élaboration d’un score diagnostique de la stomatodynie primaire » ?
Chloé Pasquier : J’ai choisi ce sujet car au cours de mon internat de chirurgie orale, j’ai eu la chance d’assister aux consultations du Pr Jean-Christophe Fricain, spécialiste et figure référente de la dermatologie buccale et des douleurs orofaciales. J’ai pu rencontrer de nombreux patients souffrant de stomatodynie primaire en errance diagnostique depuis des mois, des années pour certains, avec des répercussions majeures sur leur qualité de vie (troubles dépressifs, isolement social, troubles du sommeil, etc.). J’ai donc voulu réfléchir à la mise en place d’un outil qui pourrait faciliter le diagnostic de cette pathologie, et ainsi aider ces patients souffrant d’une pathologie méconnue par les chirurgiens-dentistes.
Définition
La stomatodynie primaire, également appelée glossodynie, burning mouth syndrome, langue de feu, paresthésies buccales psychogènes, est caractérisée par une douleur prolongée, spontanée, sans cause organique directe, ressentie au niveau des muqueuses buccales et associée à une altération de la qualité de vie.
Définition
La stomatodynie primaire, également appelée glossodynie, burning mouth syndrome, langue de feu, paresthésies buccales psychogènes, est caractérisée par une douleur prolongée, spontanée, sans cause organique directe, ressentie au niveau des muqueuses buccales et associée à une altération de la qualité de vie.
Quelle a été votre méthode de travail pour réaliser votre recherche ?
C.P. : Nous avons évalué des symptômes auprès des patients qui venaient aux consultations du Pr J-C Fricain. Nous leur avons posé plusieurs questions. Par exemple, est-ce que votre gêne est une brûlure ? Est-ce qu’elle augmente au cours de la journée ou au cours des repas ? Au total nous avons testé 15 symptômes de ce type, sur 158 patients et nous avons, à partir d’analyses statistiques poussées, isolé les symptômes les plus fréquemment rapportés pour créer un outil diagnostique sous la forme d’un score.
Comment proposez-vous de diagnostiquer la stomatodynie primaire avec votre score ?
C.P. : Lorsque le patient rapporte au cours d’une consultation des symptômes faisant évoquer une stomatodynie, par exemple, une gêne permanente localisée sur la banque, le praticien peut utiliser ce score. En posant les questions du score « est ce que vous ressentez une gêne permanente ? Est-elle localisée sur la pointe de la langue ? Est-ce qu’elle diminue au cours des repas ? Existe-t-il une sensation de brûlure ? La douleur a-t-elle un impact sur le moral ? ». Les réponses positives apportent -1, 0, 1 ou 2 points. Il suffit d’additionner les points, et si le score est supérieur ou égal à 4 sur 8, le diagnostic de stomatodynie primaire est posé. La prise en charge et le suivi de la stomatodynie pourront alors se faire chez un spécialiste.
Que vous apporte ce prix de thèse ADF Dentsply Sirona ?
C.P. : Ce prix récompense et valorise le travail accompli, ce qui dépasse largement ce à quoi j’aurais imaginé lorsque j’ai débuté mes travaux recherches pour ma thèse. L’objectif principal de ma thèse était de développer un outil à l’usage des praticiens afin de les aider dans le diagnostic de la stomatodynie primaire. Ce prix me permettra peut-être d’obtenir de la visibilité et m’aidera à diffuser ce travail.
Le 26e Prix de thèse ADF/Dentsply Sirona a récompensé quatre jeunes thésés au cours de la cérémonie de remise des Prix le 1er décembre 2023 en présence des docteurs Julien Laupie et Doniphan Hammer, Secrétaires généraux de l’ADF, de François Loiseau, Directeur général de Dentsply Sirona France et du professeur Jean Valcarcel, Président du jury.
La mission première de l’Institut français pour la Recherche odontologique (IFRO) est de soutenir la recherche en accompagnant les jeunes chercheurs dans la mise en œuvre de projets émergents sur le thème de la santé bucco-dentaire. Elle propose ici de mettre en avant les conclusions d’une synthèse bibliographique réalisée par les drs Melin et Montconduit, toutes deux enseignants-chercheurs en neuroscience dans le laboratoire INSERM U1107-Neuro-Dol : les résultats d’études cliniques montrent que la communication patient-soignant impacte grandement l’efficacité des traitements ; quand de simples mots peuvent aider le patient à activer ses propres mécanismes de guérison mais aussi à augmenter l’efficacité de molécules chimiques…