Peut-on sortir du cobalt ?

Couronnes, bridges, prothèses amovibles à châssis, dispositifs et appareils orthodontiques… peuvent-ils être fabriqués avec des matériaux alternatifs au cobalt ? La filière dentaire est lourdement impactée par le classement du cobalt en substance cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction.
Les responsables de la profession réagissent et interpellent les pouvoirs publics.

La classification du cobalt comme substance CMR (cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction) touche toute la filière dentaire, et les patients en odontologie. Elle impacte tous les dispositifs médicaux et tous les soins prothétiques contenant du cobalt : les couronnes, les bridges, les prothèses amovibles à châssis, les dispositifs et appareils orthodontiques comme les brackets et bagues, et les fils.

Des réflexions sont menées concernant des matériaux de substitution comme le titane, mais l’utilisation de ce matériau engendre un surcoût économique important sur les produits sans être aussi efficace que les alliages chrome-cobalt. Quant aux recherches de matériaux alternatifs, elles peuvent prendre des années. Alors existe-t-il des alternatives au cobalt envisagées et envisageables, en fonction des situations cliniques ? 
Le cobalt est-il irremplaçable dans certains cas ? Comment agit la profession face à cette situation ?

Les alternatives au cobalt en fonction des situations cliniques

Il existe différentes possibilités de substitution du cobalt envisageables dans les alliages dentaires, notamment une substitution du cobalt dans l’alliage même, ou une substitution de l’alliage chrome-cobalt par d’autres matériaux dans certaines situations cliniques.

Le cobalt, irremplaçable dans quel cas

Actuellement, la problématique majeure du cobalt et des alternatives en dentisterie est la prothèse amovible à châssis métallique. Elle n’est pas envisageable dans un autre matériau que l’alliage chrome-cobalt, en raison de ses propriétés mécaniques hors pair : dureté et élasticité, résistance à la corrosion et à la flexion.

Actions menées par les responsables professionnels

Sous l’égide de l’Association dentaire française (ADF), les Chirurgiens-dentistes de France (LesCDF), la FSDL, l’Union dentaire (UD), le Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes (CFCD), la Société française d’orthopédie dento-faciale (SFODF), l’Union nationale patronale des prothésistes dentaires (UNPPD), et le Comident représentant des industriels et des distributeurs du secteur dentaire, se sont réunis autour de la problématique de la réglementation européenne sur le cobalt pour interpeller et faire part au ministre de la Santé des nombreuses incertitudes sur les ruptures d’approvisionnement sur certains produits, ayant pour conséquences des ruptures de soins préjudiciables pour les patients et une diminution de l’accès aux soins essentiellement dans le cadre des prothèses amovibles.

La problématique de la réglementation européenne sur le cobalt pourrait avoir pour conséquence des ruptures de soins préjudiciables pour les patients.